Les remontées mécaniques sont à l'arrêt, mais l'entraînement, lui, ne s'arrête jamais. Pendant que la station se repose entre deux saisons, nos jeunes coureurs sont déjà en train de construire, discipline par discipline, les fondations de leur hiver.
Snowboard : direction l'eau avant de retrouver la neige
Les riders de la section snowboard ont troqué leurs planches contre du kitesurf et du wakeboard pour l'intersaison. Le choix n'a rien d'anodin : sur un wakeboard, la logique de glisse est presque identique à celle du snowboard, appuis sur les carres, contrôle de la trajectoire par la pression talons/pointes, gestion de la vitesse. Les cable parks reproduisent même des modules très proches de ceux qu'on trouve en snowpark (rails, kickers, boxes), ce qui permet de répéter des figures (grabs, 360, boardslides) sans attendre la neige. Le kitesurf, de son côté, apporte un travail d'équilibre, de gainage et de lecture rapide des appuis qui complète parfaitement cette préparation nautique. Résultat : les automatismes sont maintenus tout l'été, et les jeunes arrivent sur la neige avec des sensations déjà là plutôt qu'à reconstruire depuis zéro.
Ski alpin : la caisse d'abord, la glisse ensuite
Côté ski alpin, le programme est plus terrien : préparation physique générale, vélo de route et VTT de descente. La préparation physique construit la chaîne musculaire spécifique du ski (quadriceps, ischio-jambiers, fessiers), le gainage et le travail excentrique, essentiels pour la prévention des blessures et pour tenir une saison complète sans s'écrouler à la première semaine. Le vélo de route, lui, développe l'endurance cardiovasculaire et la puissance des jambes sur la durée. Et le VTT de descente ajoute une dimension que le vélo de route ne donne pas : lecture de trajectoire, prise de risque maîtrisée, réflexes et position basse, autant de repères qui se transposent directement sur un tracé de slalom ou de géant.
Freestyle : le pont entre les deux mondes
Les sections freestyle, elles, ne choisissent pas leur camp : elles rejoignent alternativement le groupe snowboard et le groupe ski selon les besoins. C'est cohérent avec la discipline elle-même, qui emprunte à la fois à la culture park du snowboard et à l'explosivité du ski alpin. Cette double casquette permet aux jeunes freestyleurs de travailler à la fois l'équilibre et la lecture de modules côté glisse nautique, et le engagement physique côté vélo et préparation physique.
Fin d'automne : cap sur Sölden
Tout ce travail converge vers un même rendez-vous : le grand voyage de préparation à Sölden, en Autriche, en fin d'automne. Le choix de la destination n'est pas un hasard non plus. Les glaciers de Rettenbach et Tiefenbach, entre 2 675 et 3 250 mètres d'altitude, permettent de skier dès la mi-septembre et sont depuis des années l'un des spots de référence pour les équipes nationales et les clubs européens qui veulent retrouver la neige avant tout le monde. C'est aussi sur ce même glacier que s'ouvre traditionnellement la Coupe du monde de ski alpin : les 24 et 25 octobre 2026, les meilleures skieuses et skieurs du monde y disputeront le géant d'ouverture de la saison 2026-2027. Nos jeunes fouleront donc une neige où s'écrit, au même moment, le haut niveau mondial, ce qui n'est pas rien comme source de motivation avant le grand retour dans nos montagnes.
D'ici là, kite, wake, vélo et préparation physique continuent, discipline par discipline, à poser les bases d'un hiver qu'on espère à la hauteur de tout ce travail d'automne.