Une station de moyenne montagne iséroise, six athlètes olympiques. Le chiffre a de quoi surprendre, et pourtant il est bien réel : lors des Jeux olympiques d'hiver de Milano Cortina, disputés en février 2026, quatre snowboardeurs et deux skieurs alpins formés sur les pistes des 2 Alpes ont porté les couleurs de trois nations différentes, la France, Madagascar et le Bénin. De quoi rappeler que ce domaine glaciaire, connu pour son enneigement toute l'année, est aussi devenu un vivier de talents pour le snowboardcross et le ski alpin.
Léa Casta, la patronne du snowboard cross féminin
Née le 10 février 2006 à Thonon-les-Bains, Léa Casta est arrivée à ces Jeux en position de favorite : elle sortait d'une saison 2024-2025 couronnée par le globe de cristal du snowboard cross, devenant seulement la quatrième Française de l'histoire à décrocher ce trophée. À Milano Cortina, la pression n'a pas suffi à la faire dérailler totalement : si elle termine 8e de l'épreuve individuelle, elle se rattrape le 15 février en épreuve par équipes mixtes, où elle décroche, avec son coéquipier Loan Bozzolo, la médaille de bronze. Une performance obtenue au terme d'une finale disputée, la paire française étant finalement devancée par les Britanniques et les Italiens. Une déclaration résume l'état d'esprit de la journée : « On avait les crocs. »
Aïdan et Jonas Chollet, les frères de la glisse
Impossible de parler de snowboardcross aux 2 Alpes sans évoquer les frères Chollet. Aïdan, né le 2 décembre 2004 à Gap, a posé ses lattes sur les pistes de la station dès l'âge de 6 ans, quand ses parents, tous deux moniteurs ESF, ont choisi de s'y installer pour profiter d'un grand domaine skiable en altitude. C'est là qu'il intègre le club de snowboard local et découvre la discipline qui le mènera jusqu'aux sommets internationaux ; la station en a d'ailleurs fait son ambassadeur officiel pour le snowboard. À Milano Cortina, il termine 4e de l'épreuve masculine de snowboardcross, à un souffle du podium.
Son cadet Jonas, né le 5 novembre 2008, a suivi une trajectoire tout aussi impressionnante : double médaille d'or (individuel et équipes mixtes) aux Jeux olympiques de la jeunesse de Gangwon en 2024, titre mondial junior en 2025, puis une première victoire en Coupe du monde le 13 décembre 2025. Les deux frères avaient d'ailleurs réalisé un doublé historique lors d'une manche de Coupe du monde à Cervinia peu avant les Jeux. À Milano Cortina, Jonas termine 6e, confirmant l'arrivée d'une nouvelle génération très prometteuse.
Maja-Li Iafrate Danielsson, l'autre pépite du cross français
Née le 5 octobre 2006 à La Tronche, d'origines siciliennes et suédoises, Maja-Li Iafrate Danielsson complète le contingent de snowboardeurs formés aux 2 Alpes. Double médaillée d'argent (individuel et équipes mixtes) aux JOJ de Gangwon en 2024, elle disputait à Milano Cortina ses premiers Jeux olympiques seniors. Son parcours s'est arrêté en quart de finale, une étape qui illustre la densité et l'exigence du plateau féminin cette saison, où même les meilleures spécialistes françaises ont buté sur la marche.
Mathieu Gravier, la fierté malgache venue de l'Isère
Le ski alpin des 2 Alpes avait aussi ses représentants, avec des histoires bien différentes de celles du snowboardcross tricolore. Mathieu Gravier, né le 12 décembre 2003 et formé au club SC Deux Alpes, a choisi de courir sous les couleurs de Madagascar. Il a eu l'honneur d'être porte-drapeau de la délégation malgache, aux côtés de Mialitiana Clerc, lors des cérémonies d'ouverture et de clôture. Sur la neige, il a terminé 57e du slalom géant, avec un temps cumulé de 2'48"83 sur ses deux manches : au-delà du classement, sa présence même sur la ligne de départ olympique est une victoire pour un pays qui compte si peu de représentants dans les sports d'hiver.
Nathan Tchibozo, une première historique pour le Bénin
Dernier des six, mais pas des moindres sur le plan symbolique : Nathan Tchibozo, né le 15 février 2004 à Paris d'un père béninois et d'une mère togolaise, est devenu le premier athlète de l'histoire à représenter le Bénin aux Jeux olympiques d'hiver. Formé dès l'âge de 3 ans au sein du club SC 2 Alpes, il a porté le drapeau béninois lors de la cérémonie d'ouverture avant de s'aligner en slalom géant, où il termine 48e en 2'43"65, puis en slalom. « Je représente tout un pays », confiait-il avant les Jeux, conscient de porter bien plus qu'une simple performance sportive.
Une vitrine exceptionnelle pour la station
Du bronze olympique de Léa Casta à la première historique de Nathan Tchibozo pour le Bénin, ces six parcours racontent, chacun à sa manière, ce que peut produire un territoire de montagne quand il investit durablement dans la formation de ses jeunes skieurs et snowboardeurs. Trois nations, deux disciplines, une même origine : les pistes des 2 Alpes. De quoi donner des couleurs olympiques à toute la vallée pour les saisons à venir.